Un designer UX conçoit le parcours : ce qu'une personne cherche, dans quel ordre elle le trouve, ce qu'elle comprend, où elle se perd. Un designer UI conçoit la surface : couleurs, typographie, composants, états. Les deux se recouvrent, mais leurs échecs sont différents — une interface laide reste utilisable, une interface incompréhensible ne l'est pas.
Ce que fait le métier, concrètement
- La recherche. Entretiens, observation, analyse des parcours réels. C'est la partie la plus souvent sacrifiée, et celle dont l'absence coûte le plus cher.
- L'architecture de l'information. Décider ce qui est où. La plupart des problèmes attribués au design sont des problèmes de classement.
- Le prototypage. Rendre une hypothèse manipulable avant de la construire.
- Le test. Cinq personnes suffisent à révéler la majorité des problèmes majeurs d'un parcours. C'est peu, et c'est encore trop rarement fait.
Le piège du déclaratif
La donnée la moins fiable en recherche utilisateur est celle que l'utilisateur fournit sur lui-même. Les gens rationalisent après coup, veulent être utiles, et sous-estiment systématiquement leur propre gêne.
C'est pourquoi un test d'usage bien mené observe une tâche plutôt que de demander un avis. « Trouvez le prix de la livraison » produit une donnée exploitable. « Trouvez-vous ce site clair ? » n'en produit aucune.
La règle la plus utile du métier : écoutez ce que les utilisateurs font, pas ce qu'ils disent. Elle est ancienne, elle est répétée partout, et elle est ignorée presque partout.
Accessibilité
Ce n'est pas une contrainte ajoutée à la fin. Le contraste, la taille des cibles, l'ordre de tabulation, les intitulés de champs et le respect du mouvement réduit servent tout le monde — pas seulement les personnes handicapées. Un bouton de 44 pixels est plus facile à toucher pour chacun.
En Europe, l'accessibilité numérique relève d'obligations légales pour un nombre croissant d'acteurs. C'est aussi, plus simplement, la partie du métier qui a l'effet le plus large.
Ce qu'une observation comportementale ajoute
La recherche utilisateur classique observe la tâche. Elle observe rarement la manière : la vitesse, l'hésitation, la distance, le retour en arrière. Ces signaux existent pourtant dans toute interface.
RÉSONANCE pousse cette idée à son terme : un environnement sans tâche, sans consigne et sans question, où seule la manière est enregistrée. Cinquante-sept variables en sortent. C'est une manière de poser, dans le champ de l'art, une question que le design pose tous les jours.