L'origine de la règle
Elle vient d'un modèle simple : si chaque utilisateur a une probabilité donnée de rencontrer un problème existant, la proportion de problèmes découverts croît vite puis plafonne. Avec une probabilité de l'ordre de 30 %, cinq participants révèlent environ 85 % des problèmes majeurs.
Le point important n'est pas le chiffre. C'est qu'il vaut mieux trois tests de cinq personnes que quinze personnes en une fois : on corrige entre les séries, et la deuxième série teste les corrections.
Les conditions de validité
- Un seul profil d'utilisateur. Si votre produit sert des populations très différentes, il faut cinq personnes par profil.
- Des tâches réelles, pas une exploration libre.
- Un objectif de découverte, pas de mesure. Pour un chiffre — taux de réussite, temps moyen — il faut beaucoup plus de participants.
Mener le test
Donnez une tâche, pas une question. « Trouvez le prix de la livraison pour la Belgique » produit une donnée exploitable ; « trouvez-vous ce site clair ? » n'en produit aucune.
Puis taisez-vous. Le silence est l'outil principal, et le plus difficile. Chaque fois que vous aidez, vous détruisez la donnée que vous étiez venu chercher.
Si le participant demande quoi faire, renvoyez la question : « que feriez-vous si j'étais pas là ? »
Notez ce qu'il fait, pas ce qu'il dit. Un participant qui met quarante secondes à trouver un bouton et déclare ensuite « c'était très clair » vient de vous donner deux informations contradictoires. La première est la bonne.
Le biais du recrutement
Tester avec des collègues ne teste rien : ils connaissent le vocabulaire, le modèle mental et le produit. Cinq inconnus valent mieux que vingt personnes de l'entreprise.
notre dossier sur le design UX détaille pourquoi la donnée déclarative est la moins fiable de la recherche utilisateur.