Le seul critère qui tienne
Devant un matériau, la question utile n'est pas « est-il beau ? » mais « à quoi ressemblera-t-il dans dix ans ? ». Les matières nobles répondent bien à cette question : elles se patinent au lieu de se dégrader. Les autres se contentent de s'user.
Ce qui s'améliore
- Le bois massif huilé fonce, se marque, et se répare au papier de verre. Une rayure profonde disparaît.
- Le cuir à tannage végétal s'assouplit et prend une patine irrégulière. Le cuir chromé, moins cher et plus courant, se craquelle.
- Le laiton non verni se patine par endroits, selon les mains qui le touchent. Verni, il s'écaille — et ne peut plus se patiner.
- Le lin s'adoucit à chaque lavage. Il froisse : c'est sa nature, pas son défaut.
- La pierre calcaire, la terre cuite, le plâtre se salissent lentement et prennent une profondeur qu'ils n'avaient pas neufs.
Ce qui se dégrade
Le stratifié et le mélaminé se décollent aux angles sans réparation possible. Le placage fin ne supporte aucun ponçage. Les mélanges polyester bouloches. Les finitions laquées brillantes marquent au moindre contact et ne se retouchent pas.
Reconnaître un placage
Regardez le chant — la tranche. Sur du massif, le dessin des fibres continue de la face vers la tranche. Sur un placage, la tranche est une bande rapportée dont le motif ne correspond pas. Regardez aussi le dessous et l'intérieur des tiroirs : c'est là qu'on ne fait pas d'effort.
Le toucher décide
On évalue une matière à la main avant de la juger à l'œil, et cette évaluation est difficile à tromper. Ce rapport au toucher varie fortement d'une personne à l'autre — RÉSONANCE le relève parmi ses cinquante-sept variables. notre dossier sur le design sensoriel replace la matière parmi les leviers d'un intérieur.