L'origine
La floriographie naît en Europe au début du dix-neuvième siècle, portée par une série de dictionnaires du langage des fleurs. Le premier grand succès français paraît en 1819. Le genre se répand ensuite en Angleterre, où l'époque victorienne en fait une mode durable.
L'inspiration revendiquée était orientale — un supposé code turc de communication par objets — mais la reconstruction européenne doit beaucoup plus à l'imagination de ses auteurs qu'à une tradition attestée.
Un code qui n'en était pas un
Les dictionnaires se contredisent constamment. Une même fleur signifie la fidélité chez l'un et l'indifférence chez l'autre. Pour qu'un message passe, il aurait fallu que les deux correspondants possèdent le même ouvrage — ce qui n'était généralement pas le cas.
Les récits de correspondances amoureuses entièrement florales relèvent donc largement de la légende. Ce qui existait vraiment, c'était un plaisir de lecture et un art d'offrir.
Ce qui, malgré tout, s'est stabilisé
Quelques associations traversent les siècles parce qu'elles s'appuient sur autre chose qu'une convention : la mythologie grecque pour l'anémone et l'asphodèle, la forme pour le glaïeul — gladius, l'épée — le comportement de la plante pour le cyclamen, qui se retourne vers le sol, ou pour la bruyère, qui pousse là où rien ne tient.
Les significations qui durent sont celles qui décrivent la plante. Celles qui ont été attribuées arbitrairement se sont perdues, ou inversées.
Ce qu'il en reste d'utile
Non pas un code à respecter, mais une manière de regarder : chaque fleur a un comportement — quand elle fleurit, comment elle tient, ce qu'elle fait de la lumière. C'est ce comportement qu'on lit sans le savoir quand on préfère un arum à une pivoine.
notre dossier sur la symbolique des fleurs détaille ces comportements fleur par fleur.