Ce qu'elle dit
La fleur de cerisier — sakura — exprime la beauté de ce qui ne dure pas. Elle est liée à la notion de mono no aware, souvent traduite par « la poignance des choses » : la conscience que la valeur d'un instant tient à sa disparition prochaine.
Une floraison longue ne dirait pas la même chose. La brièveté n'accompagne pas le symbole, elle le constitue.
Le hanami
La coutume d'aller contempler les fleurs remonte à la période Heian, à la cour impériale, avant de se répandre dans toute la société. Elle consiste à s'installer sous les arbres en fleurs, souvent pour manger et boire, pendant les quelques jours de floraison.
Le front de floraison remonte l'archipel du sud vers le nord sur plusieurs semaines, et fait l'objet de prévisions suivies avec attention.
Un symbole qui a servi
Il faut le dire : l'image du sakura — tomber en pleine beauté, sans se faner — a été mobilisée au vingtième siècle dans la propagande militaire japonaise, notamment autour des pilotes-suicides. Le symbole ne s'y réduit pas, mais cette histoire en fait partie.
Le cerisier ornemental
Les variétés cultivées pour la fleur ne donnent pas de fruits comestibles. Le somei yoshino, le plus répandu, est un clone : tous les arbres d'une même ville fleurissent donc simultanément — ce qui accentue l'effet et la brièveté.
L'odeur du sakura, en parfumerie comme en pâtisserie, ne vient pas de la fleur — presque inodore — mais des feuilles salées et fermentées, qui développent une note d'amande et de foin.
notre dossier sur la symbolique des fleurs replace la fleur de cerisier parmi les fleurs de mémoire et de transmission.