Ce qu'elle dit
L'asphodèle dit le souvenir et le regret. Elle est la fleur de ceux qui ne sont plus là — non pas des héros ni des damnés, mais de l'immense majorité des morts, ceux dont la vie n'a mérité ni gloire ni supplice.
La prairie d'asphodèles homérique est l'une des images les plus mélancoliques de l'Antiquité : un lieu gris, sans douleur et sans joie, où l'on continue simplement d'exister.
La plante
Haute hampe dressée, jusqu'à un mètre cinquante, portant des fleurs blanches à nervure brune, ouvertes du bas vers le haut. Elle pousse sur les terres pauvres, surpâturées, dégradées, du pourtour méditerranéen.
C'est même un indicateur : quand l'asphodèle domine une lande, c'est le signe d'un sol épuisé. Le bétail ne la mange pas, ce qui lui laisse la place quand tout le reste a été brouté.
Une fleur associée à la mort par les Grecs, et qui prospère exactement là où la terre a cessé de nourrir. Le symbole et la botanique disent la même chose.
Ses usages
Les tubercules ont servi en période de disette, après cuisson prolongée. En Sardaigne, les hampes séchées servaient à fabriquer des paniers et des ruches. Aujourd'hui elle intéresse surtout les apiculteurs : elle fleurit tôt et fournit un nectar abondant.
notre dossier sur la symbolique des fleurs replace l'asphodèle parmi les fleurs de mémoire.