Entourer plutôt que présenter
Une œuvre est immersive quand elle occupe le champ entier de la perception : on n'est plus devant elle, on est dedans. L'image déborde le cadre, le son vient de partout, l'espace lui-même est le support. Le corps cesse d'être un spectateur posté à distance ; il est environné.
Immersif n'est pas interactif
On confond sans cesse les deux. Une projection monumentale peut être totalement immersive et parfaitement passive : elle vous enveloppe sans que vous n'y changiez rien. À l'inverse, une petite œuvre au comportement discret peut être hautement interactive. L'immersion décrit l'enveloppement ; l'interaction décrit la boucle. Une œuvre peut avoir l'un, l'autre, les deux, ou aucun.
Question simple pour trancher : si vous restez immobile et silencieux, l'œuvre change-t-elle ? Non — elle est immersive mais pas interactive. Oui — elle est aussi interactive.
Le débat sur les expositions immersives
Les grandes expositions qui projettent des tableaux célèbres animés divisent. Reproche fréquent : elles transforment des œuvres pensées pour la contemplation en décor spectaculaire, et l'émotion vient de l'échelle plus que de l'œuvre. Défense : elles ouvrent l'art à des publics que le musée intimide. Les deux sont vraies ; le mot immersif, seul, ne dit pas laquelle s'applique.
De l'immersion à la lecture
L'immersion peut n'être qu'un enveloppement. Elle devient une expérience quand ce qu'on y vit laisse quelque chose. RÉSONANCE enveloppe — une chambre, un son, une lumière — mais surtout observe une manière d'y être, et en compose un univers propre à chacun.