Ce qu'est le 440 Hz
C'est une norme de normalisation, adoptée au vingtième siècle pour permettre aux orchestres et aux facteurs d'instruments de s'accorder entre pays. Avant cela, le diapason variait considérablement : on trouve des valeurs allant de 400 à plus de 460 Hz selon les époques, les villes et les usages. Certains orchestres jouent aujourd'hui à 442 ou 443 Hz.
Il n'y a donc pas de la « originel » qu'une norme aurait remplacé.
D'où vient la légende
Elle combine plusieurs éléments sans rapport : une pétition de musiciens italiens du dix-neuvième siècle en faveur d'un diapason plus bas, pour des raisons de confort vocal ; des considérations numérologiques sur le chiffre 432 ; et une rumeur de propagande politique du vingtième siècle, jamais documentée.
Aucun de ces éléments ne concerne la physiologie.
Ce que huit hertz représentent
La différence entre 432 et 440 Hz est d'environ un tiers de demi-ton. Un musicien exercé l'entend ; la plupart des auditeurs ne l'identifient pas en écoute isolée. Aucun mécanisme connu ne rend cette différence physiologiquement significative.
Un morceau accordé à 432 Hz peut parfaitement sembler plus doux — mais parce qu'il a été réenregistré, remixé, joué plus lentement, ou simplement parce qu'on sait qu'il est en 432. L'attente modifie la perception, et c'est mesurable.
Les autres chiffres qui circulent
Les « fréquences solfeggio » — 396, 528, 741 Hz — proviennent d'une interprétation numérologique d'un manuscrit médiéval, formulée dans les années 1970. Elles n'ont aucune existence dans l'histoire de la musique ni dans la physiologie.
Ce qui agit vraiment
La continuité du son, sa prévisibilité, l'absence de rythme marqué, l'amplitude des basses fréquences, et le masquage de l'environnement. Ce sont ces paramètres-là qui produisent la détente — notre dossier sur la sonothérapie les détaille.